Journal de Tanzanie

12 janvier 2008

 

A galloping horse.

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L'Afrique est sans aucun doute le continent qui présente la faune la plus spectaculaire. Dans certains parcs, les grands félins côtoient les éléphants, les rhinocéros, les girafes, les buffles, les zèbres, les babouins, les hyènes, les phacochères, les hippopotames, les crocodiles, ainsi qu'une grande variété d'antilopes et d'oiseaux. Tous ces animaux offrent au photographe un sujet passionnant car les possibilités sont presque infinies. Moins touristique que le Kenya ou l'Afrique du Sud, la Tanzanie a pu conserver jusqu'à nos jours sa beauté sauvage qui la rend si envoûtante. En dépit de la pression démographique, ce pays protège plus d’un tiers de son territoire, un effort que très peu de nations ont accepté dans le reste du monde...

Safari                                           

Parc National du Tarangire.

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Zèbres de Grant .

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Un couple d'autruches massaï. Le mâle est à droite, reconnaissable à ses plumes noires et blanches, tandis que la femelle à gauche a le plumage gris-brun.

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Vervet.

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Le dik-dik de Kirk est une toute petite antilope qui ne pèse pas plus de 5 kg.

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 Girafe masaï.

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Le Tarangire est surtout connu pour ses éléphants. Leur population a souffert du braconnage dans les années 1980, puis d'une période de sécheresse en 1994. La natalité a repris à partir de 1996, ce qui explique que les éléphants du parc soient généralement assez jeunes (20 ans en moyenne). Ils sont à présent en surpopulation par rapport aux ressources du Tarangire, ce qui entraîne d'importants dommages sur la végétation, notamment sur les baobabs dont les éléphants arrachent l'écorce spongieuse qui les désaltère : l'arbre est ensuite attaqué par les termites, ce qui peut créer un énorme trou au milieu du tronc...

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Plutôt que de s'abreuver dans un ruisseau chauffé par le soleil, cet éléphant préfère puiser l'eau fraîche qui stagne sous le sable. Il peut ainsi absorber jusqu'à 200 litres d'un coup, l'équivalent d'une grande baignoire.

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Les premiers hominidés ont vécu dans ces paysages de savane il y a plus de 4 millions d'années avant de coloniser la totalité de la planète. C'est sans doute pourquoi un safari en Afrique de l'Est donne un peu l'impression d'un voyage dans le temps...

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Préparatifs d'une chasse aux oiseaux avec les Hadza, un petit peuple d'à peine 2000 personnes qui continue de vivre à l'ère du Paléolithique dans la région du lac Eyasi, dans l'ouest de la Tanzanie.

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Les Hadza (appelés aussi Hadzabe, Kindiga, Tindiga, ou Wakindiga) sont les derniers survivants de l'âge de pierre. Ils ont toujours habité cette région depuis l'apparition de l'homo habilis il y a 2 millions d'années. Tandis qu'au Proche-Orient de petites communautés humaines abandonnaient le nomadisme il y a 12 mille ans pour adopter un nouveau mode de vie basé sur l'agriculture et l'élevage, les Hadza ont continué à mener leur existence de chasseur-cueilleur jusqu'à nos jours en restant coupés du monde et de ses évolutions...

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Bien que cette chasse  paraissent à première vue anachronique et peu rentable au regard de l'énergie dépensée, on se rend compte combien les Hadza excellent dans l'art de la survie. Ils sont parfaitement adaptés à leur milieu et semblent pouvoir y subsister sans trop de difficultés. Allumer un feu ne leur prend que 30 secondes en frottant deux bouts de bois.  Ils dorment à même le sol dans des huttes de paille ou à la belle étoile, connaissent les plantes qui soignent,  et savent trouver les baies, les tubercules et les ruches pour le miel. Malgré la chaleur, ils boivent très peu, ce qui ne les empêche pas de marcher vite et longtemps si nécessaire. Par la suite, j'ai eu l'occasion de voir que les Masaï aussi étaient de vrais dromadaires...

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Par leur langage à clics (claquements de la langue sur le palais), les Hadza sont rattachés aux Khoisan, un groupe linguistique très ancien auxquels appartiennent également les Bushmen du désert du Kalahari, en Namibie et au Botswana.

Pour le gros gibier, comme les zèbres ou les impalas, les Hadza utilisent des flèches empoisonnées.

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Les Hadza se sont toujours dérobés aux tentatives de sédentarisation du gouvernement tanzanien. Ils ne supportent pas ce mode de vie, tombent malades et finissent par repartir dans la brousse.  A peu de choses près, cela rappelle un peu le sort des Amérindiens ou des Aborigènes, excepté que les Hadza ne sont pas encore tombés dans l'alcoolisme.

Ils n'ont ni chef ni droit coutumier, et changent sans cesse de camp en fonction du gibier. Ils dédaignent tout projet d'avenir, ne vivent que dans le présent, et ne consacrent jamais plus de quelques heures au travail... Ce sont en quelque sorte les derniers vrais hommes libres.

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Chez les Datoga...

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Sur les rives du lac Eyasi.

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Bananeraie près de Mangola.

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Une boucherie de village.

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Mante religieuse.

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Marché de Karatu.

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Les rapports avec les Tanzaniens ne sont pas toujours simples. Pour eux, un Muzungu (un Blanc) est forcément riche, et quand on se promène dans la rue les sollicitations sont incessantes. A la longue, cela devient fatiguant. Pour ne pas être trop importuné en ville, il faut marcher d'un pas décidé en regardant loin devant soi...

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A l'entrée du cratère du Ngorongoro.

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Il faut se méfier des babouins qui prennent toutes les audaces pour chaparder de la nourriture dans les poches, les sacs ou même les véhicules. S'ils vous dérobent un objet, vous pouvez vous dire qu'il est perdu pour de bon. Il vaut mieux en effet éviter la morsure car les crocs de ces primates sont plus longs que ceux d'un léopard...

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Le cratère du Ngorongoro est une immense caldeira de 20 km de diamètre. Cet ancien volcan qui était peut-être plus haut que le Kilimanjaro s'est effondré il y  a 2,5 millions d'années après que tout l'intérieur de sa chambre magmatique ait été projeté sur les plaines environnantes par des gaz d'éruption, formant ainsi la couche supérieure de l'actuel parc du Serengeti.

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Oskar Baumann est le premier européen à avoir atteint le cratère en 1892, à l'époque où ce territoire faisait partie de l'empire colonial allemand sous le nom de "Deutsch Ostafrika". Le Ngorongoro donne sans doute un bon aperçu de la beauté originelle de l'Afrique orientale quand elle était encore vierge de toute destruction...

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Le cratère fait partie d'un vaste ensemble, la zone de conservation du Ngorongoro, qui a été créé en 1959 pour des usages multiples : il fallait à la fois sauvegarder la faune exceptionnelle de cette région tout en permettant les activités pastorales des Masaïs, et protéger le site archéologique de la gorge d'Olduvai où les époux Leakey venait de découvrir le crâne d'un australopithèque vieux de près de 2 millions d'années.

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 Rhinocéros noir.

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Les rhinocéros noirs et blancs ont en fait la même couleur de peau gris-foncé. La dénomination "rhinocéros blanc" vient tout simplement d'une erreur linguistique. Au 19ème siècle, les Afrikaners différenciaient à juste titre les deux espèces par la forme de leur lèvre supérieure, qui est pointue pour le rhinocéros noir, et large pour le blanc. Or, l'appellation wijd ("large" en hollandais), devenue wyd en Afrikaans, a été confondue avec white("blanc") par les colons anglais. Par la suite, l'autre espèce africaine a été considérée comme étant noire,  peut-être pour mieux la différencier du rhinocéros blanc... Il est amusant de constater que les Afrikaners ont repris l'erreur dans leur appellation actuelle (witrenoster). En fait, les rhinocéros, phacochères et éléphants prennent la couleur de la boue dans laquelle ils se roulent et peuvent ainsi paraître blancs, gris ou bruns suivant leur région.

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De la cinquantaine d'espèces anciennes de rhinocéros, seules 5 ont subsisté jusqu'à nos jours : les rhinocéros blancs (17480 spécimens recensés en 2007, source IUCN), les rhinocéros noirs (4180 spécimens en 2007, source IUCN), les rhinocéros indiens (entre 2 700 et 2 850 spécimens en 2008), les rhinocéros de Sumatra (environ spécimens 200 en 2008) et les rhinocéros de Java (entre 40 et 55 spécimens en 2008)...

En Asie, des croyances infondées attribuent des vertus médicinales à la corne de rhinocéros. Celle-ci est également très recherchée par les riches Yéménites qui l'achètent à prix d'or pour fabriquer les manches de leurs poignards traditionnels.

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Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les zèbres sont noirs à rayures blanches, et non l'inverse ! En effet, le foetus du zèbre est totalement noir, et les rayures blanches n'apparaissent que tardivement dans son développement, par inhibition de la mélanine.

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Hyène tachetée dans un nuage de poussière.

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Hippopotames amphibies sur les rives du lac Magadi.

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Gnous occidentaux à barbes blanches.

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Il y a peu, j'ai vu un reportage de National Geographic au Zimbabwe où deux naturalistes filmaient des lions en les approchant à pied. Quand ils se faisaient charger par les fauves, ils s'efforçaient de garder un air impassible. Un seul pas en arrière et c'était la mort. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, les lions s'arrêtaient à quelques mètres d'eux puis rebroussaient chemin.  Même des lionnes rendues très agressives par la présence de leurs petits finissaient par déguerpir en voyant que leurs charges n'avaient aucun effet.

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Les fauves suivent naturellement leur instinct de prédation et de poursuite si l'on prend l'attitude d'une proie. Par contre si l'on reste imperturbable devant eux, ils redeviennent des gros chats qui peuvent être dominés : on le voit notamment dans les cirques où le dompteur  dresse ses fauves avec juste un fouet et beaucoup d'autorité. Par la suite, durant mon expérience de guide de safari en Afrique du Sud, j'ai eu l'occasion de voir combien les lions sauvages ont peur de la bipédie humaine : si quelqu'un sort de son 4X4 devant une meute de 20 lions, ils s'enfuient tous immédiatement. Ce genre d'expérience ne fonctionne plus la nuit, car le fauve reprend l'avantage de la surprise dans l'obscurité. Il semble aussi que les fauves n'attaquent jamais les Maasaï armés de lance, comprenant instinctivement le danger que représente ces armes.

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Il est assez courant de voir les phacochères s'agenouiller pour brouter l'herbe.

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La forêt de Leraï, sur la route menant à la sortie du cratère du Ngorongoro.

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Simba campsite, au sommet du cratère du Ngorongoro.

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Les pentes du cratère sont souvent brumeuses au petit matin. Bien que l'on soit tout proche de la ligne de l'équateur, les nuits sont assez fraîches car le camp est tout de même à 2300 m d'altitude, c'est-à-dire deux fois plus haut que Chamonix...

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La  gorge  d'Olduvaï  où,  depuis  1913,  ont  été  découvert  une  cinquantaine d'ossemenents d'hominidés qui datent de 2 millions d'années pour le plus ancien, ainsi que des traces de pas humains qui remonteraient à 3,8 millions d'années.

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Naabi Hill Gate, entrée sud du Parc National du Serengeti.

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Lézard Agama.

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Spréo superbe.

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Bubale de Coke.

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Les paysages du Serengeti sont parsemés de "kopjes" (prononcer copiz). Ce terme sud-africain qui signifie "petite tête" en hollandais désigne les formations de rochers qui se dressent de temps en temps dans la savane africaine. Les kopjes sont des endroits appréciés des lionnes et des guépards qui peuvent y repérer leurs proies ou y cacher leur progéniture, des babouins qui y trouvent une végétation plus variée qu'ailleurs, ainsi que de toute une petite faune de serpents, lézards, rongeurs et oiseaux.

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Le nom de Serengeti vient du terme masaï "siringet", qui signifie "plaine sans fin". La zone du nord offre un paysage de sous-bois très différent de la partie sud, où les arbres sont rares.

Pimbi Camp, au centre du Serengeti, à la tombée du jour.

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Ma tente était tout au fond du camp (la troisième en partant de la droite). Vers 1h du matin j'ai été réveillé par un herbivore qui broutait à quelques mètres de moi. Je me suis alors rappelé qu'avant de me coucher j'avais vu un buffle qui se tenait sous un acacia à 200 de mètre de là. Sachant que cet animal est très imprévisible et qu'il charge facilement, même sans être menacé, il n'était pas question de mettre le nez dehors pour l'observer.

A vrai dire, quand une des  filles de la tente d'à-côté avait découvert un serpent dans les douches en fin de soirée, je m'étais déjà dit qu'aller aux toilettes pendant la nuit pouvait être une entreprise risquée. Mais quand j'ai soudain entendu un lion rugir dans le lointain, j'ai réalisé que j'avais été quelque peu insouciant de monter sur le rocher d'où j'ai pris la photo du camp au crépuscule. Un guide m'avait interpellé du haut de mon perchoir pour me dire de revenir au plus vite et me montrer ce panneau :

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Dans la tente, j'ai alors secoué mon frère qui dormait à côté de moi, et nous avons écouté les rugissements sourds du fauve : mmmmwwau  mmmmwwau... Puis vinrent les hurlements rauques des hyènes : Auuuuu-hou  auuuuu-hou... Enfin les aboiements plaintifs des zèbres : Kwa-ha-ha  kwa-ha-ha  kwa-ha-ha...  Et parmi tout cela, en fond sonore, les beuglements de centaines de gnous qui  passaient par là et se répondaient les uns les autres, comme pour se rassurer dans la nuit : mmm-han  mmm-han... 

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Lors d'un séjour dans l'Ouest canadien, j'avais pu constater que les campements en forêt étaient entourés de fils électrifiés afin éviter les problèmes avec les grizzlis qui sont très facilement attirés par la nourriture. Il en va bien autrement au Serengeti, où l'on dort au milieu de la savane sans aucune protection.

En Europe, depuis que nos ancêtres ont éliminés tous les animaux dangereux qui rôdaient autour d'eux, nous avons finit par enfouir au tréfonds de notre âme les peurs ataviques qui faisaient de nous des proies. Nous sommes maintenant habitués à cette nature domptée et ne pourrions plus en envisâger d'autre, trop heureux de pouvoir déambuler dans les forêts et les montagnes sans avoir à craindre les prédateurs mangeurs d'hommes.

Une nuit dans le Serengeti est une expérience intérieure qui remet en cause ces certitudes et rappelle combien l'Homme fut jadis un petit être fragile, terrifié par la nature hostile qui l'entourait. Quand bien même on se persuaderait de l'évidente supériorité de notre intelligence et de l'efficacité de nos machines à tuer, le rugissement sourd et lointain du lion dans la nuit ne manque pas de faire frémir. A armes égales, nous autres humains ne sommes plus que des petits cochons sans défenses, et notre vulnérabilité apparaît soudain consternante.

Passé le moment de stupeur, un phénomène étrange prend corps : la puissance de la bête inspire le respect, et la crainte se change en fascination... Nos ancêtres troglodytiques ont peut-être ressenti la même admiration envers les animaux de leur époque en les peignant sur les parois de leurs grottes. Les lions, mammouths, rhinocéros, hyènes, aurochs et chevaux sauvages devaient présenter le spectacle étonnant d'une Europe très africaine.

Rollier à longs bruns.

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Daman des rochers.

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"Simba kushoto", "lion à gauche", voilà des paroles qui font plaisir en safari !

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Pour échapper à la chaleur, il arrive aux lionnes de grimper dans les arbres. Sur cette photo, le lion dort à droite du tronc. Les mâles en effet sont trop lourds (et peut-être aussi trop paresseux !) pour monter dans les branches. 

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Aux points d'eau, les herbivores sont toujours tiraillés entre la soif et la méfiance.

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Près des cours d'eau pousse une végétation luxuriante qui contraste beaucoup avec l'aridité de la savane.

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Girafe masaï.

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Les crocodiles du Nil ont une croissance qui dure toute leur vie, et certains vieux spécimens de la Grumeti River peuvent atteindre 6m de long.

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Observation d'un affrontement entre deux hippopotames à Retima Hippo Pool. Au loin, des éléphants traversent le lit asséché de la rivière.

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Quand ils flottent à la surface de l'eau, les hippopotames poussent sans cesse par leurs narines de grandes expirations très sonores, un peu comme des baleines.

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La savane est paisible aux heures chaudes de la journée. Les animaux sont plus difficiles à voir entre 10h et 16h car ils se cachent dans des endroits ombragés pour se reposer.

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La grande migration des gnous qui font route vers le nord pour rejoindre le Masaï Mara, au Kenya.

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Le parc du Serengeti constitue avec les réserves ou zones protégées qui l'entourent un vaste écosystème qui abrite la plus importante concentration d'herbivores au monde. 1,5 million de gnous, 200 000 zèbres et 300 000 gazelles de Thompson migrent toute l'année en fonction des pluies dans un mouvement circulaire d'environ 400 km à la recherche de nouveaux pâturages. Ces immenses troupeaux qui consomment 4000 tonnes d'herbe par jour peuvent parfois former des colonnes ininterrompues d'une quarantaine de kilomètres.

Pour visualiser la route de la grande migration, cliquer sur l'image.

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Durant cette migration, les cadavres profitent aux vautours et aux hyènes. Les charognards jouent un rôle fondamental dans le nettoyage de la savane en supprimant de possibles foyers d'infection.

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En 1951, l'inquiétante diminuation de la faune a conduit à la création du Serengeti, premier parc national du Tanganyika (future Tanzanie). A cette époque, le directeur du Zoo de Francfort, Bernhard Grzimek, s'intéressait aux espèces menacées et sillonnait l'Afrique pour filmer la faune. Son documentaire "Le Seregenti ne doit pas mourir" (1959) eu un retentissement mondial et fut récompensé par un Oscar.

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Grzimek se noua d'amitié avec le président tanzanien Nyerere en le sensibilisant à la protection de la nature. Il a tracé la voie des missions actuelles de la Frankfurt Zoological Society, dont il fut le président pendant 40 ans jusqu'à sa mort en 1987. Ses cendres ont été enterrées près du cratère du Ngorongoro, aux côtés de son fils Michael qui avait perdu la vie dans un accident d'avion pendant le tournage du documentaire sur le Seregenti.

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Une station d'essence au style plutôt minimaliste à Wasso.

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Campement dans les montagnes Gol, en terre masaï.

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Un groupe d'inséparables sur un euphorbe.

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La Tanzanie est peuplée de plus de 120 ethnies différentes, mais 98% de ses 38 millions d'habitants sont des Bantous parlant le swahili. Les Masaï, qui sont eux d'origine nilotique (Ethiopie) et dont la langue est le Maa, constituent donc une infime minorité de la population, environ 300 000 personnes, alors que paradoxalement ils sont le peuple le plus emblématique de la Tanzanie.

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Les Masaï ont généralement une attitude assez fière et ne semblent pas rechercher particulièrement le contact avec les étrangers. Drapés dans leur toge (nadgo) et chaussés de sandales, je leur trouve des airs de Romains. Les hommes portent d'ailleurs à la ceinture un grand poignard (mkuki) qui ressemble étrangement à un glaive.

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Désertés à l'aube par les hommes et le bétail, les villages masaï (boma) sont régis par les femmes qui s'occupent d'entretenir les huttes, de traire les vaches et d'aller chercher de l'eau.

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Les enfants sont élevés à la dure, et dès l'âge de trois ans, ils partent garder les troupeaux, pieds nus et armés de leur seul bâton de berger (rungu). Presque la moitié d'entre eux meurent du paludisme, de blessures infectées ou de morsures de serpents. Dans l'immense steppe au pied de l'Oldonyo Lengai, mon guide distribuait des bouteilles d'eau aux jeunes bergers qui accourraient en nous voyant nous arrêter. Cela paraissait les combler de joie, car ils ne doivent pas avoir grand-chose à boire dans la journée. Les Masaï qui survivent à l'enfance sont donc forts, et j'ai pu me rendre compte combien ils pouvaient être endurants à la marche et à la chaleur.   

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Randonnée dans les montagnes pour aller assister à une messe masaï au village de Piaya.

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Les Masaï sont très durs en affaire et demandent un dollar (voire 5 quand ils abusent) pour être pris en photo, laquelle perd alors toute spontanéité. Les meilleurs images que j'ai pu rapporter d'eux sont quasiment toutes des photos prises à leur insu. Ce n'est pas sans risque, car on s'expose à leur colère si l'envie leur en prend, mais généralement avec un petit billet vert ils retrouvent leur calme aussitôt. Leur courroux n'a donc rien à voir avec une quelconque croyance religieuse... D'une certaine façon, on peut comprendre qu'ils n'aient pas envie d'être photographiés comme des animaux en safari, mais ils prennent parfois des poses tellement élégantes qu'il est difficile de résister à la tentation... 

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Les huttes sont fabriquées avec une armature en bois recouverte d'un mélange de terre et de bouse de vache. Ce torchis masaï a un bon pouvoir isolant, mais il attire les mouches !

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Femmes masaï et leurs enfants, vers 1900.

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Des Masaï découvrent la musique d'un gramophone, en 1929.

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Le mode de vie des Masaï n'a pratiquement pas changé depuis des siècles. Réfractaires à toute idée de sédentarisation, ils continuent à mener leur existence pastorale à l'écart des influences du monde moderne; seuls les tissus proviennent des marchés, où les femmes achètent également les perles de verre avec lesquelles elles confectionnent leurs colliers et autres bijoux.

Les nuits dans la plaine masaï offre le spectacle de magnifiques voies lactées...

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Les villages masaï sont toujours entourés d'une haie d'épineux (kraal) destinée à protéger le bétail des lions ou des hyènes pendant la nuit.

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Les lances des Masaï sont affûtées comme des rasoirs.  

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Les chutes de Ngare Sero. 

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Ces  chutes  d'eau  sont  d'autant plus  étonnantes  qu'elles  semblent sortir du désert, et les palmiers accrochés au falaises forment une oasis de verdure au milieu de ces montagnes arides. Derrière cette chute, la gorge se termine par un jacuzzi naturel où nous avons pu nous baigner. 

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L'Oldonyo Lengai, la "montagne de Dieu" des Masaï.

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Pour éviter la chaleur, l'ascension du volcan se fait de nuit, généralement en six heures. Attention, c'est une course très physique et assez risquée; elle ne nécessite pas de crampons ou d'encordement, mais les pentes sont très raides, et il n'est pas exagéré de dire qu'à mi-hauteur on doit grimper à quatre pattes et qu'on redescend sur le cul !

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Partis à minuit, nous sommes arrivés une heure en avance sur l'horaire et avons dû attendre le lever du soleil dans une crevasse pour se protéger du vent : transis de froid, nous nous sommes couchés à même le sol recouvert de soufre humide, au milieu des odeurs de fumerolles, et nous recevions sur la tête des nuées de sable volcanique toutes les 10 mn ! Cela ne nous pourtant pas empêché de dormir, et notre guide masaï, lui, ronflait déjà une minute après s'être allongé !

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Le sommet culmine à 2878 m et offre une vue sensationnelle sur les Gol Mountains, le lac Natron et la Rift Valley.

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Les coulées de carbonate de sodium prennent une couleur blanche en se solidifiant, ce qui donne l'impression que le volcan est enneigé.

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Twiga Lodge à Mto Wa Mbu.

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Parc National de Manyara.

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Ce petit parc s'étend tout en longueur entre des montagnes escarpées et la rive nord-ouest du lac Manyara. Il offre des paysages intéressants de forêt équatoriale peuplée de calaos, de babouins et d'éléphants, ainsi qu'un bon point de vue sur des marécages où l'on peut observer des buffles, des hippopotames et des pélicans. Au fond du parc, dans les forêts d'acacias, on peut parfois surprendre un lion sur une branche, un comportement très inhabituel que l'on ne retrouve qu'au parc national Queen Elizabeth, en Ouganda.

Babouin (papion anubis).

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Milan noir.

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Marabout.

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Mbogani house, dans les environs de Nairobi (Kenya), où l'auteur de "Out of Africa", Karen Blixen, vécut de 1917 à 1931.

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Karen au milieu de ses employés kikuyu qu'elle a tant aimé (1930).

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Langatta Giraffe Center.

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Giraffe Manor.

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Construit en 1932 par Sir David Duncan, ce manoir a été racheté en 1974 par Jock Leslie-Melville, un kenyan d'origine britannique et sa femme américaine, Betty. Fondateur en 1972 de l'African Fund for Endangered Wildlife (AFEW), le couple a alors entrepris d'élever dans la propriété 5 girafes de Rothschild, une espèce extrêmement menacée puisqu'il n'en restait en tout et pour tout que 120 spécimens  vivant dans un ranch à l'ouest du Kenya. 

En 1979 était ouvert le centre actuel, Giraffe Center, destiné à sensibiliser l'opinion public à la sauvegarde de l'espèce. On peut y faire l'expérience étonnante de nourrir les girafes à la main.

A la mort de Jock en 1984, Betty a transformé son manoir en hôtel de luxe. Des célébrités telles que Marlon Brandon ou Mick Jagger ont séjourné à Giraffe Manor.

The David Sheldrick Wildlife Trust.

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La fondation David Sheldrick, du nom d'un célèbre naturaliste à l'origine du parc de Tsavo, s'implique depuis sa création en 1977 dans un grand nombre de projets pour la conservation de la faune. Etablie dans l'enceinte même du Parc National de Nairobi, la fondation élève des éléphants et des rhinocéros orphelins pour les réintroduire dans la nature.

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Les voyages commencent souvent sur un bureau, en regardant d'un air rêveur les cartes des atlas dont les noms exotiques enflamment l'imagination...

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Paysage_du_Serengeti__Tanzanie

                                                                            

                                                                                                                                                                                                                      

Posté par Emmanuel THERET à 22:58 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]